C'est en janvier que Live Nation tentera de s'emparer d'une part du marché dominé par Ticketmaster aux États-Unis. L'entreprise prévoit ensuite s'attaquer au marché canadien en 2010, et elle
promet déjà que cette nouvelle concurrence profitera aux consommateurs.
«Nous croyons toujours que les exploitants de salles, les artistes et les fans aimeraient avoir une autre option pour l'achat de billets», a estimé le président de Live Nation, Michael Rapino, lors d'une récente conférence téléphonique. «Je crois que c'est sans doute la seule industrie au monde (...) qui n'a pas de bon (concurrent) no 1 ou no 2. Nous croyons que la concurrence permettra aux fans de profiter de meilleurs prix.»
L'arrivée de Live Nation dans l'industrie du concert sera limitée au début, et les fans ne pourront choisir avec quelle compagnie ils feront affaire. L'entreprise vendra des billets pour les
salles qu'elle exploite, et possède des droits de ventes limités pour certains artistes comme U2, Madonna, AC/DC, Jay-Z, Nickelback, Coldplay et les Jonas Brothers.
La portée de Live Nation est encore plus limitée au Canada, puisqu'elle n'exploite que deux salles: le Molson Amphitheatre à Toronto et le Commodore Ballroom à Vancouver.
Ticketmaster a pour sa part récemment annoncé qu'elle testait l'idée de vendre des billets sans frais de services ajoutés, à condition que le client imprime lui-même ses billets à la
maison.
Bien que les acheteurs critiquent Ticketmaster depuis longtemps pour avoir imposé de tels frais, le président de l'entreprise, Sean Moriarty, assure qu'il appuie l'option «sans frais ou tout en
un», qui avantage les fans.
«La première réaction des fans a été extrêmement positive, a-t-il fait remarquer en conférence téléphonique. Nous souhaitons paver la voie avec cette nouvelle approche et transformer complètement la façon de vendre des billets.»
Certains analystes de l'industrie prédisent toutefois que la nouvelle stratégie de Ticketmaster ne convaincra pas les spectateurs et que Live Nation finira sans doute par avoir la même réputation que sa rivale.
«La compétition est une bonne chose, elle permet à tous de rester à l'affût», a expliqué Tim Baker, acheteur principal de Sunrise Records, qui s'occupe d'une bonne partie des ventes de
Ticketmaster dans le sud de l'Ontario. «J'ignore toutefois si cela fera une différence aux yeux du public.»
Le président-fondateur de l'entreprise de Vancouver Nettwerk Music Group, Terry McBride, croit que de gros changements s'en viennent dans l'industrie de la vente de billets, mais il prédit que
ces modifications bénéficieront plus aux entreprises qu'aux consommateurs. «Ticketmaster a tout simplement intégré ses frais au prix des billets», a-t-il souligné.
Ticketmaster a confirmé cette affirmation à ses investisseurs, mais selon M. Moriarty, l'entreprise croit que les consommateurs ne se plaindront pas des frais ajoutés à la condition qu'ils
soient inclus, de manière invisible, dans le prix.
Tant Ticketmaster que Live Nation s'attendent à ce que la compétition et la récession fassent baisser les prix, mais ni l'une ni l'autre ne trouve que les billets vendus aujourd'hui sont trop
chers.
Quand Madonna a donné quelques spectacles en sol canadien cette année, les billets les plus chers se vendaient 350 $. M. Rapino ne croit pas que les fans s'empêcheront de payer de tels prix
pour les plus grands noms de la musique. «Nous croyons que (les fans) pourront encore se permettre d'aller à un ou deux spectacles l'an prochain, et rien, dans l'histoire, ne nous montre qu'ils
cessent d'y aller quand l'économie ne va pas bien», a-t-il estimé