Partager l'article ! Le spectacle de Santana le 15 avril: Chacun son opinion...voici celle de Philippe Renaud...je suis d'accord avec lui sur certains points....celle ...
Chacun son opinion...voici celle de Philippe Renaud...je suis d'accord avec lui sur certains points....celle où tous abondent dans
le même sens, c'est que Santana est un musicien extraordinaire...
Le mercredi 16 avril 2008
Santana au Centre Bell : une victoire d’un autre ordre
Philippe Renaud
La Presse
Collaboration spéciale
Hier soir, pour 11 000 Montréalais, le meilleur show en ville n’était certainement pas au petit écran où l’on diffusait une certaine partie éliminatoire de notre merveilleux sport national…
|
> À voir : Les photos du spectacle
Sûr, il y avait bien quelques chandails greffés CH portés par les spectateurs dans le Centre Bell, mais tous les cris étaient dirigés vers Carlos Santana, de passage chez nous après trois ans
d’absence.
Franchement, c’est tout comme si on avait invité le spectaculaire guitariste mexicain à garder la tension à son comble et réveiller les fantômes importés du vieux Forum en attendant le retour des
Glorieux. Pendant presque deux heures et demie bien tassées, Santana et son orchestre – une dizaine de furieux musiciens, cuivres, percussions, Hammond B3 – ont généreusement enfilé les succès,
étirés, au plaisir de la foule, en de longs jams rock suintants.
Bon, d’accord, l’atmosphère n’était peut-être pas aussi électrique que samedi soir dernier (et moins encore que demain soir!), mais ce n’est pas parce que Santana a joué avec la pédale douce au
Centre Bell.
Mieux assemblé qu’en 2005, le concert ne s’est pas embourbé dans les ballades et autres succès pop qui ont marqué les 10 dernières années de la carrière du héros de Woodstock. Santana a évité les
écueils qui avaient un peu ralenti la cadence de sa performance en 2005.
Non, cette fois, c’était à fond dans le formidable puits à souvenirs rock de Santana, d’ailleurs resplendissant hier soir.
Il ne change pas, et c’est tout à son honneur. Pendant que d’autres de la génération Woodstock font de la gestion de patrimoine en offrant des concerts de 75 minutes à prix d’or, Santana joue
comme s’il n’y avait pas de couvre-feu. Le public en a eu pour son argent, galvanisé par les fastes Incident at Neshabur, Batuka, No One to Depend On (ce refrain qui nous revient instantanément
en tête!), et autres Foo Foo – espèce de funk rock qui a levé la foule d’un bond, moment fort de la soirée.
Comme dans le bon vieux temps, odeurs de pot en prime. Un idéaliste, notre cher guitariste hippie, qui a d’ailleurs pris quelques minutes pour justifier le titre de sa tournée, Live the
Light. «La lumière dans nos cœurs, toutes ces choses qu’on défendait dans les années 60, Bob Marley, Mavin Gaye, Mayfield, Dylan… Chacun de nous pouvons faire la différence. Nous sommes le
changement!» s’est emporté Santana, peu après avoir calmé les esprits avec le succès de son retour, Maria Maria.
Les 40 premières minutes du concert ont d’abord filé comme le p’tit Kostitsyn. Immuable et déchaînée Jingo en ouverture, tons de rock africain, riche en B3 et en congas. Passage en blues enrichi
lorsque le guitariste Derek Trucks et son band sont montés sur scène pour jouer avec le maître. Puis, la cavalcade de succès: Black Magic Woman, Gypsy Queen, Oye Como
Va, Soul Sacrifice au rappel…
La table était mise pour la victoire du Canadien, demain soir!